Pluies, inondations, primes en hausse : ce que vos assurés attendent de vous

Primes en hausse, souvenirs de 2021, clients inquiets. Sept rappels concrets à envoyer à vos assurés avant le prochain orage, et le bon moment pour le faire.
Pepinster, Verviers, Rochefort. Le 15 juillet 2021, la Vesdre sortait de son lit en quelques heures. 39 personnes ont perdu la vie, 48 000 bâtiments ont été touchés, et les assureurs ont déboursé 2,3 milliards d'euros d'indemnités. Cinq ans plus tard, chaque épisode de fortes pluies ravive les mêmes images. Et la même question, dans la tête de vos assurés : "Est-ce que je suis bien couvert ?"
C'est à ce moment-là que le courtier fait la différence. Celui qui a communiqué avant l'orage est celui qu'on appelle pendant. Celui qui a rappelé les bons réflexes est celui à qui on fait confiance après.
Ce qui a changé depuis 2021
Le paysage assurantiel belge a profondément bougé en cinq ans. Vos clients, eux, n'ont pas forcément suivi.
Le plafond d'intervention a quadruplé. Depuis le 1er janvier 2024, le plafond des catastrophes naturelles est passé de 400 millions à 1,6 milliard d'euros. Un pas en avant, selon Feprabel, mais encore insuffisant face à un scénario comparable à 2021.
Les primes grimpent. L'indice ABEX, qui reflète le coût de la construction, a atteint 1 041 points en 2026, soit +3,7% en un an. Depuis 2013, les primes habitation ont augmenté de plus de 60%. Pour les biens situés en zone inondable, la surprime atteint 30 à 50% de plus que la moyenne.
Les réassureurs s'éloignent. Hein Lannoy, CEO d'Assuralia, a confirmé qu'un réassureur a déjà quitté le marché belge. Grégory Truong, du Centre d'analyse des risques du changement climatique (Cerac), résume l'enjeu : "Si une inondation massive arrivait demain en Belgique, on serait dans une situation de chaos."
Ce contexte, vos clients ne le connaissent pas. Ils reçoivent leur avis d'échéance, constatent la hausse, et ne comprennent pas. C'est précisément là que votre rôle de conseil prend tout son sens.
Sept rappels essentiels pour vos assurés
Voici les sept points que chaque courtier devrait rappeler à ses clients. Ce sont des informations concrètes, actionnables, et qui démontrent votre valeur ajoutée.
1. Votre assurance incendie couvre les inondations. Depuis 2006, la garantie catastrophes naturelles est obligatoirement incluse dans tout contrat d'assurance incendie "risques simples" en Belgique. Cela inclut les inondations, les débordements d'égouts, les tremblements de terre et les glissements de terrain. Beaucoup de clients l'ignorent et pensent devoir souscrire une couverture séparée.
2. Mais attention aux zones d'aléa élevé. Un assureur peut refuser la couverture inondation pour un bâtiment situé en zone d'aléa élevé (période de retour de 25 ans ou moins, hauteur d'eau de 30 cm ou plus). Si votre client est concerné, le Bureau de Tarification peut intervenir en dernier recours, au taux de 0,9 pour mille des montants assurés.
3. Vérifiez la franchise et les plafonds. Depuis la révision de 2024, les plafonds ont changé. Mais la franchise spécifique aux catastrophes naturelles peut aussi avoir évolué. Un client qui n'a pas relu son contrat depuis 2021 pourrait avoir des surprises en cas de sinistre.
4. Photographiez chaque pièce de la maison. C'est le conseil le plus simple et le plus efficace. Un inventaire photographique des biens, pièce par pièce, tiroir par tiroir, avec les factures d'achat conservées, accélère considérablement l'indemnisation. Le SPF Économie le recommande explicitement. Proposez à vos clients de le faire ce week-end.
5. Installez un clapet anti-retour. Les remontées d'égouts sont la première cause de dégâts en sous-sol lors de fortes pluies. Un clapet anti-retour sur les canalisations empêche l'eau de remonter. Coût modéré, efficacité prouvée. Certains assureurs valorisent cette mesure de prévention et ajustent la prime à la baisse.
6. Rehaussez les équipements sensibles. Chaudière, tableau électrique, congélateur : rien de tout cela ne devrait reposer à même le sol dans un sous-sol ou un rez-de-chaussée exposé. Un rehaussement de 7 à 12 centimètres minimum limite déjà considérablement les dégâts. Les chaudières murales, installées en hauteur, sont une alternative encore plus sûre.
7. Consultez la carte d'aléa de votre commune. Le Géoportail de la Wallonie, Bruxelles Environnement et Waterinfo.be proposent des cartes interactives par région. Savoir si son bien est en zone d'aléa faible, moyen ou élevé, c'est la première étape pour comprendre sa couverture et anticiper ses risques.
Le bon moment pour en parler
Ces sept points ne sont utiles que si vos clients les reçoivent au bon moment. Pas après la catastrophe, quand le téléphone sonne déjà. Avant.
Mai-juin, avant les orages d'été, est le moment idéal pour un rappel prévention. Octobre, avant les pluies automnales prolongées, est le second créneau. Deux envois par an, ciblés, concrets, avec la checklist et un lien vers la carte d'aléa de la commune.
Le format qui fonctionne : un email court, pratique, que le client peut garder ou transférer. Un objet clair ("7 réflexes avant la saison des pluies"), un contenu actionnable en trois minutes de lecture, et vos coordonnées en bas. Le client qui reçoit ce type de message sait que son courtier veille. Il ne compare pas sur un comparateur. Il reste.
Le SPF Économie rappelle que l'assuré a l'obligation de "prendre toutes les précautions nécessaires pour prévenir toute aggravation des dommages". Négliger cette obligation peut réduire l'indemnisation. En informant vos clients en amont, vous les protégez aussi juridiquement.
Le courtier qui communique fidélise
Chaque courtier connait les rues de sa commune qui débordent quand il pleut trois jours d'affilée. Les sous-sols qui prennent l'eau. Les quartiers en contrebas. Cette connaissance locale est un avantage structurel sur n'importe quel comparateur en ligne ou néo-assureur digital.
Mais cette expertise reste invisible si elle n'est pas partagée. Un email de prévention envoyé au bon moment transforme un savoir tacite en valeur perçue. Il rappelle au client pourquoi il passe par un courtier plutôt que par un formulaire en ligne.
C'est exactement le rôle d'un outil comme BrokerMail : envoyer le bon contenu au bon moment, garder le lien entre deux sinistres, et être le courtier qui a prévenu plutôt que celui qu'on découvre après.
La prochaine pluie ne prévient pas. Le courtier qui a communiqué avant, lui, a déjà fait la différence.


